La voix des francophones de 50 ans et plus en Colombie-Britannique

Suite à une visite en 1995 de représentants de l’Assemblée des aînés et aînées francophones du Canada (AAFC), ancêtre de la Fédération des aînées et des aînés du Canada (FAAFC), des aîné(e)s très actifs dans les communautés de Kelowna, Vernon, Prince George, Vancouver et Victoria ont décidé de se regrouper en un réseau provincial. Le réseau fonctionne plus ou moins formellement pendant quelques années. Entre 1998 et 2002, l’AAFC organise quatre rencontres provinciales afin de déterminer les besoins des aîné(e)s de la province.

Déjà depuis de nombreuses années, plusieurs groupes d’aîné(e)s de partout au Canada se réunissaient sous l’égide de l’AAFC mais pas la Colombie-Britannique. Ce regroupement leur permettait d’échanger d’un bout à l’autre du pays de ce qui passionne, préoccupe et motive les aîné(e)s du pays.

Dans ce contexte, l’Assemblée francophone des retraité(e)s et aîné(e)s de la C.-B est donc encore bien jeune. C’est en octobre 2001 que M. Guy Martin, représentant de la province au sein du Conseil national de l’AAFC et acteur important de ce projet, s’est vu confié la tâche de faire une tournée des régions de la Colombie-Britannique afin de sonder les aîné(e)s sur leurs besoins. Fallait-il créer une structure représentative? M. Martin fut accompagné d’André Sarrazin, expert-conseil en résidence, pour l’appuyer dans sa démarche.

Sur une période de quatre jours, Messieurs Martin et Sarrazin ont rencontré soixante personnes dans sept communautés : Kelowna, Kamloops, Prince George, Comox-Courtenay, Powell River, Nanaimo et Victoria. Toutes furent unanimes : un regroupement d’aîné(e)s en Colombie-Britannique est essentiel. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent d’entre elles insistèrent pour dire qu’il fallait organiser une deuxième rencontre afin de développer un modèle organisationnel ainsi qu’un plan d’action.

Ce fut donc à Victoria, le 23 mars 2002, qu’eut lieu cette réunion préliminaire. En plus des neuf délégués préalablement nommés lors de la tournée automnale, trois membres du Conseil d’administration des associations membres de l’AAFC ont été conviés à se joindre à l’équipe de l’assemblée encore embryonnaire de la C.-B., Messieurs Martin et Sarrazin furent accompagnés de Mme Cécile Martin, alors responsable de la logistique de l’événement. À la conclusion de cette rencontre, une décision fut prise à l’unanimité pour la fondation d’un regroupement d’aîné(e)s en Colombie-Britannique.

Après un long débat, le nom d’Assemblée francophone des retraité(e)s et aîné(e)s de la Colombie-Britannique (AFRACB) fut retenu, sans doute pour suivre l’exemple de l’AAFC mais en y ajoutant le mot retraité(e)s. Cinq personnes ayant pour mission de préparer les premiers Statuts et Règlements furent alors choisies, soit Mesdames Marie Robillard (Victoria), Lise Leblanc Quinn (Nanaimo), Francine Bussières (Prince George), Madeleine Riordan (Westbank) et Monsieur Guy Martin (Kelowna).

L’incorporation officielle de l’Assemblée francophone des retraité(e)s et aîné(e)s de la Colombie-Britannique eut lieu le 26 mai 2003. Elle donne ainsi non seulement naissance à l’acronyme AFRACB, mais concrétise également le désir collectif de travailler au mieux-être des francophones âgés de 50 ans et plus. La nouvelle association se donne comme mission de faire valoir les droits des aîné(e)s, de protéger leurs acquis et de les accompagner dans leur vieillissement. L’organisme se veut un pont intergénérationnel qui souhaite aussi promouvoir l’épanouissement de la langue et de la culture francophone.

Durant sa première année d’existence, l’AFRACB multiplie avec succès les efforts de recrutement de membre tout en travaillant assidûment à la recherche de sources de financement. La première Assemblée générale annuelle (AGA) s’est tenue le 5 juillet 2004 à Victoria et le premier conseil d’administration fut composé de Mesdames Cécile Martin, Lucienne Casanova, Chantal Lefebvre, Marie Robillard, Madeleine Riordan et de Monsieur Gérald Montpetit. Madame Martin fut alors nommée la première présidente de l’AFRACB.

Dans son rapport annuel déposé lors de la deuxième AGA tenue à Kelowna le 27 septembre 2005, Mme Martin est fière d’annoncer que l’Assemblée compte déjà plus de deux cents membres et admet avoir consacré beaucoup de temps et d’énergie afin d’obtenir des fonds permettant le développement et la vitalité de la Société. Malheureusement, les nombreux refus de bailleurs de fonds potentiels viennent assombrir l’enthousiasme des pionniers. Il fut alors décidé d’embaucher une firme d’experts conseils pour mener une étude de besoins financé par Patrimoine canadien. Le mandat de la firme fut de mener une consultation provinciale exhaustive auprès des personnes retraitées et aînées de l’ensemble du territoire. En plus de mieux connaître les besoins de la clientèle et d’identifier les priorités pour élaborer un plan d’action, le processus consultatif devait favoriser le développement de liens stratégiques avec l’ensemble des acteurs franco-colombiens.

Malgré tous ces efforts, l’AFRACB fut acculé au pied du mur en 2006, faute de fonds d’opération qui lui aurait permis d’embaucher une personne ressource capable d’assumer les tâches administratives. La présidente informe alors tous les membres de l’AFRACB que le conseil d’administration a décidé à l’unanimité de ne pas participer à la réunion de la Fédération des francophones de la C.-B. (FFCB).  Une pause s’annonce. L’organisme cesse ses activités et met fin aux réunions. Ce silence dura deux ans.

Malgré toutes ces embuches, le rêve persiste toujours et la volonté de poursuivre perdure. Il faut faire revivre l’AFRACB. Armés du rapport de consultation publié au printemps 2006 démontrant la viabilité d’une telle association, Madame Marie Robillard et Monsieur Louis-Philippe Fortier se mobilisent et forment un conseil d’administration intérimaire. Légalement, il fallait faire vite et faire les arrangements requis avant la date limite afin que la chartre de l’organisme, en trop longue hibernation, ne soit annulée. Le conseil d’administration temporaire, appuyé par Madame Cécile Martin, entame des négociations avec les instances gouvernementales afin de demander une extension du délai pour éviter la dissolution qui paraissait inévitable.

Ce fut lors d’une Assemblée générale extraordinaire tenue à Victoria le 9 décembre 2009 que les sauveurs de l’AFRACB parvinrent à ratifier la mise en place d’un nouveau conseil d’administration ayant Mme Robillard comme nouvelle présidente. La doyenne est entourée par Aline Jobin-Fowlow et Claude Lavoie (vice-présidents), Claudette Doxtader (secrétaire), Louis-Philippe Fortier (trésorier) ainsi que France P. Gilbert, Margo Landry-Anderson et Thora Bajard occupant les postes de conseillères. Forts de ce second souffle, l’AFRACB se construit une nouvelle identité et une visibilité accrue. C’est alors qu’on développe avec fierté un premier logo personnifiant un oiseau en vol, symbole d’essor et du profond désir de rassembler la communauté francophone disséminée sur un vaste territoire.

Au cours des années qui suivirent, l’ensemble du conseil d’administration fait beaucoup de bénévolat pour accomplir les tâches administratives que requiert la gestion de l’organisme autant la comptabilité que la rédaction des demandes de financement auprès des bailleurs de fonds. Les réunions se tenaient chez les membres du CA, les documents et archives entreposés chez ces mêmes bénévoles.

En 2011, Mme Aline Jobin-Fowlow, vice-présidente au cours des deux années précédentes, est élue au poste de présidente. Elle occupa le poste jusqu’à l’AGA de 2016. Pendant ses mandats successifs, elle fut fière d’avoir maintenu le tarif d’adhésion des membres à $ 10, qui est le même montant depuis la fondation de l’AFRACB.

Depuis 2013, l’AFRACB qui a reçu des sommes d’argent pour l’accomplissement de projets, a pu faire l’embauche d’une personne à la coordination des projets. Au fil des années et à l’augmentation du financement, emploie maintenant deux personnes dont Stéphane Lapierre à la direction générale et occupe maintenant un bureau sur la rue Yates à Victoria.

Étant déjà membre actif de la Fédération des aînées et aînés du Canada (FAAFC), l’AFRACB franchit une autre étape importante en 2012 en devenant membre actif de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB).

Depuis la reprise des activités en 2009 et le changement de présidence en 2011, les choses vont plutôt bien à l’AFRACB. D’autres évènements marquant méritent assurément d’être souligné, ils sont :

     En 2013, l’AFRACB se voit confier le rôle d’hôte de la première Conférence nationale de la FAAFC à Victoria. Une cinquantaine de personnes représentant tous les coins du Canada y partagent avec enthousiasme leurs récits et l’histoire de leur communauté. En plus de partager les défis vécus, on y parle surtout de la fierté d’être francophone, celle d’avoir contribuer au maintien de cette identité et de cette langue et de l’avoir transmise. C’est dans le cadre de cette rencontre que Madame Marie Robillard se voit décerner le Prix national du leadership de la FAAFC. De plus, la soirée de gala s’est tenue à la résidence de la Lieutenant-gouverneur de la Colombie-Britannique, l’honorable Judith Guichon.

 

Au cours des années 2014 et 2015, l’AFRACB reçoit du financement du gouvernement fédéral pour l’organisation de différents projets tels que pièces de théâtre, conférences, projets intergénérationnels, capsules audio et vidéos, ateliers, et d’autres.   Faisant suite aux bons résultats atteint dans la gestion de projets et voyant que l’AFRACB est en train de bien s’ancrer dans son milieu, c’est pour l’année financière 2016-2017 que l’AFRACB reçoit pour la première fois de son histoire un financement pour sa programmation par le ministère du Patrimoine canadien. Par l’octroi de cette programmation, le bailleur de fonds reconnaît que le regroupement a bien réussi à démontrer sa ténacité, son importance, ses accomplissements et sa capacité de répondre aux besoins des aîné(e)s de la Colombie-Britannique.

Sauf en 2009 où l’AFRACB était en totale reconstruction, le conseil d’administration s’est toujours donné comme objectif d’être représenté partout en province. Les élections lors de l’AGA 2016 ne firent pas exception à cette règle alors que la responsabilité de gérer l’organisme fut confiée à Diane Campeau (Kelowna) qui fut élue à la présidence. Les régions de Victoria, Campbell River, Prince Rupert et Vancouver sont également représentées.

L’AFRACB et ses membres entrevoient l’avenir avec optimisme. L’Assemblée a le vent dans les voiles. On se donne rendez-vous en 2018 pour le 15e anniversaire.

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